Voix de l’histoire

Lorsque vous prenez cet album en main, vous comprenez qu’il ne s’agit pas simplement d’une collection de photographies. C’est un témoignage, celui d’une époque révolue mais que nous avons le devoir de préserver pour nos enfants.

Alexandre Nagralian était bien plus qu’un simple photographe : il fut un des chroniqueurs de la vie soviétique et de ses moments marquants et, surtout, du peuple soviétique, de nos compatriotes. Voici Iouri Gagarine : non pas une icône, mais un jeune homme souriant, le cosmos tout entier reflété dans son regard. Voici Bella Akhmadoulina, dont il a su saisir le mélange de force fragile et de profondeur spirituelle. Et voici Mireille Mathieu : une légende sur scène, en train d’interpréter une de ses chansons. L’objectif d’Alexandre Nagralian a capturé bien plus que des visages ; il a immortalisé l’âme d’un grand pays, cette même âme que certains cherchent aujourd’hui à éradiquer, à réécrire et à avilir.

Il est d’une importance capitale que L’Histoire vivante s’exprime désormais en quatre langues : le russe, l’anglais, le chinois et le grec. Ce type de dialogue culturel constitue le pont même capable de résister à toute tentative de diviser le monde. Ainsi, nous affirmons : voici notre vérité, la vérité du travail, la vérité des actes héroïques et la vérité d’une grande culture.

Voilà pourquoi cet ouvrage est bien plus qu’un simple livre. C’est un acte de défense de notre passé. Or, sans passé, nous le savons, il n’y a ni avenir ni patrie. Ce n’est qu’en reconnaissant la force et la grandeur de notre histoire que nous pouvons puiser la force nécessaire aux grandes réalisations d’aujourd’hui.

C’est précisément cette voie – celle de la vérité et d’une dignité qui nous est propre, et non empruntée – que nous avons toujours suivie. Et que nous continuerons de suivre.

Nikita Mikhalkov

Tes œuvres se sont toujours distinguées par leur haute maîtrise et leur sincérité, et à travers tes héros l’on peut étudier la géographie du monde et les événements les plus marquants de l’histoire. C’est pourquoi ces portraits sont devenus un reflet fidèle des nombreuses années vécues par notre pays.

Artour Tchilingarov (extrait d’un télégramme de félicitations à A. G. Nagralian)

Un grand artiste, en saisissant les instants de la vie, ne voit pas seulement la couleur, la lumière, l’ombre ou la beauté d’un coucher de soleil, mais il ressent toutes les subtilités et toute la profondeur de la vie de l’homme sur cette terre. À travers le petit objectif de son regard, il perçoit toute la grandeur de l’humanité dans son ensemble, ainsi que l’essence des caractères des êtres les plus divers, leur destin. Il révèle, « extrait » d’eux cette image qui fige instantanément le spectateur devant cette révélation ! Un tel bouleversement, un tel ravissement, vous les éprouvez en contemplant les photographies du grand maître Alexandre Nagralian !

Devant vous se trouvent les photographies de ceux-là mêmes qui, de leurs propres mains, ont bâti notre grand pays, notre Russie, notre Patrie. Alexandre les connaissait, les comprenait, les admirait et, surtout, les a saisis pour toujours et inscrits dans l’histoire par ses remarquables photographies.

Son choix est paradoxal ! Ses héros sont uniques ! Ce sont des gens de métiers divers, intelligents, forts, ouverts, semblables à des Atlantes qui soutiennent notre terre sur leurs bras musclés. Ils sont innombrables, présents dans toutes les régions de notre immense pays : sur le BAM, sur les banquises polaires, dans les champs de coton, sur les navires en plein océan. Ils enseignent et ils apprennent, ils descendent dans les profondeurs des mines et au fond des mers, ils pilotent des avions et s’envolent à bord de fusées spatiales. Ils sont LE PEUPLE ! Grand et fort. Vous croyez en eux, vous avez envie de les suivre, d’apprendre auprès d’eux, de découvrir la vie à leurs côtés. Ils sont cette ÉPOQUE même.

Merci à Alexandre de les avoir gravés dans notre mémoire avec tant de force, de sincérité et d’authenticité.

Anastassia Vertinsky